3 décembre 2022

4/2 Présentation du film « A Serious man » des Frères Coen, par Adeline Valot

A Serious man a été montré, hors compétition, au festival de Rome en octobre 2009 et il est sorti dans les salles en France le 20 janvier 2010. Il est l’avant-dernier film de ce duo de réalisateurs mythique, les frères Coen, qui offre presque chaque année depuis 1984, une nouvelle lecture de leurs sujets de prédilection : cynisme, sens de l’absurde, suspense omniprésent, humour noir particulièrement féroce. Ils n’ont de cesse de jouer avec leurs spectateurs pour transmettre, sous une absurdité feinte, leur expérience de la vie.

C’est particulièrement le cas pour A Serious Man qui est reconnu comme une œuvre autobiographique : ils nous racontent l’histoire d’un antihéros qui vit dans une communauté juive du Midwest américain des années 1960. Cet homme, sa vie de famille et ce qui lui arrive sont complètement fictifs … mais le décor dans lequel il évolue, l’ambiance du film, ce milieu résidentiel si particulier et cette communauté juive du Midwest des Etats-Unis sont directement les résurgences de l’enfance de nos réalisateurs.

Il faut donc se plonger dans leur lecture de la souffrance, ouvert et accueillant autant pour l’histoire dépaysante qu’ils racontent que pour l’image originale et complexe par laquelle ils la racontent. Et surtout ne pas hésiter à rire.

Un rapide point s’impose au sujet du livre de Job dont il sera question à plusieurs reprises dans cette lecture de A Serious Man, car c’est le grand livre biblique qui aborde la question de la souffrance : c’est un long poème qui raconte la souffrance de Job, un homme juste qui perd tout, ses biens, les membres de sa famille et la santé, jusqu’à ne plus survivre que dans la misère la plus complète. Considéré comme l’un des livres les plus difficiles de la Bible, il questionne le mal, la souffrance et leur rapport à Dieu : le mal est injuste, imprévisible et incompréhensible, c’est pour cela que Job refuse de le lier à la punition divine… La réponse à la souffrance ne se trouve pas dans la cause qu’elle pourrait avoir mais dans la manière qu’a l’homme de la vivre, d’y trouver les prémisses de la sagesse, d’y faire naître la possibilité d’une ouverture complète à son humanité dépouillée des apparences, vers l’espoir et vers Dieu. Le Livre se termine sur un dialogue entre Dieu et Job, où Dieu parle dans la tempête.

Lecture du film :

« Ce film qui semble, sans début ni fin, comme le long aperçu déstabilisant d’une souffrance injustifiée ne peut que vous laisser en colère peut-être, révolté, ou simplement dans quelque ennui. J’espère que vous serez d’autant plus enclins à écouter la lecture que je me propose de vous donner de ce film.

Sachez que l’un des frères (Ethan Coen) jubile lors d’une interview « Ce qui nous a plu dans l’histoire, c’était d’inventer sans cesse de nouvelles manières de torturer Larry. Sa vie va de plus en plus mal. » Ce film est incompréhensible, imprévisible et injuste … Les frères ne s’en cachent pas, et ne s’en excusent pas non plus.

Ainsi si ce film est si profondément révoltant, c’est que c’est un acte de toute puissance, de toute puissance artistique, de toute puissance cinématographique, qui vient –au travers de la souffrance d’un homme, sujet particulièrement dur- frontalement nous questionner sur la toute puissance divine. Quand Job se retrouve privé de tout, c’est l’œuvre du démon à qui Dieu laisse les mains libre. Quand Larry accumule les malheurs, c’est l’œuvre des frères Coen. Ainsi l’excès, l’exagération, l’accumulation, qui sont tous ces lieux de votre indignation, sont avant tout –et c’est là ce qu’il faut comprendre pour s’ouvrir au film- la possibilité d’une efficacité artistique.

Commençons simplement. Le sujet de ce film, sa visée, c’est la communauté juive du Midwest américain. Ce dont les frères Coen veulent vous parler c’est de cette diaspora juive qui s’est installée dans le Nord-Est des Etats-Unis, et qui dans les années 60 forme un monde dans le monde, une bulle dans la civilisation américaine avec des écoles juives, des médecins juifs, des avocats juifs, des professeurs d’université juifs. Ainsi, soit tu es juif, soit tu es autre, c’est-à-dire goy, en dehors de la communauté. Cet espace particulier, imbibé de culture américaine – comme on le voit dans les maisons pavillonnaires typiques de ces petites villes, et pourtant fonctionnant sur elle-même, fut précisément le lieu original de l’enfance de nos deux réalisateurs. Quarante ans plus tard c’est par ce film qu’ils questionnent pour la première fois l’incongruité qu’ils découvrent dans cette vie, dans cette ambiance de vie, dans ce climat culturel, social, familial, … qu’ils appellent eux-même dans une des seules interviews qu’ils ont accordé « la petite maison juive dans la prairie ». Le prologue dont le sens semble coupé du reste du film, ce début énigmatique qui a du vous plonger dans une grande perplexité, est là pour ça : c’est une fable yiddish inventée par les deux frères et qui représente pour eux la quintessence de ce qu’est le peuple juif dans sa vérité : un peuple qui sonne juste quand il vit dans un environnement moyenâgeux, en Europe de l’Est, avec des hommes à grande barbe qui parle le Yiddish… ils nous font vivre donc une véritable transposition choc jusque dans cette banlieue des années soixante, pour nous faire ressentir le dépaysement complet de ce peuple juif.

Qu’y a-t-il alors de plus pertinent pour questionner la cohérence, la profondeur,  et peut-être surtout la vigueur d’une partie de ce peuple vieux de plus de 4000 ans, le peuple juif, que de confronter les hommes qui la composent –dans ce lieu particulier et à cette époque particulière- à la plus grande remise en cause de l’humanité : la souffrance ?

C’est précisément cette question que les frères Coen posent à Larry et à toute sa communauté : votre judéïté permet-elle encore de faire face à la plus grande adversité humaine, apporte-t-elle encore une réflexion sur l’homme, permet-elle encore de vivre le malheur, ou n’est-ce qu’une coquille vide ? La communauté juive du Midwest des Etats-Unis est-elle apte à supporter autant de contradictions et de questions posées à la vie et à l’existence humaine, a-­t-elle encore un contact avec Dieu ou s’est-elle sclérosée comme les petites résidences pavillonnaires et les intérieurs des années 60 ? Cette communauté dans laquelle ont grandi les deux frères à la façon de Danny est­-elle celle des hommes justes de la Torah ou celle des hommes sérieux de cette nouvelle société ? C’est bien là, avant tout, que réside le grand malentendu de Larry, c’est sur ce glissement entre l’homme juste, qui est juste face à Dieu comme Job, et l’homme sérieux qui est sérieux pour la société et donc seulement en apparence, que se joue le film et notre malaise (pensez à Sy Abbleman qui représente pour toute la communauté juive ce modèle de l’homme sérieux). Vous n’apprendrez rien sauf peut-être l’essentiel : la souffrance jaugera toujours l’état d’une civilisation.

            Ainsi nous voyons Larry chercher des réponses dans tous les lieux engoncés de sa vie : il cherche à tout prouver et justifier par la raison, lui qui est un professeur de physique –après tout la vie n’est-ce pas le chat est mort ou le chat n’est pas mort ?- ce qui le mène très vite à sa propre irrationalité, qu’elle soit dans la consommation de drogue, ou dans ses rêves cauchemardesques, liés à son inconscient, ces lieux qu’il ne maîtrise pas et qui très vite le dominent : rappelez-vous lorsque Sy Abbleman lui dit que sa femme l’a trompé, quand le voisin et son fils assouvissent leur antisémitisme à la carabine, quand il couche avec sa voisine. Ainsi la raison très vite engloutie dans l’irrationnel est évacuée comme réponse à la souffrance. Dans les actes juridiques il cherche à résoudre chacun des ennuis de sa vie : son divorce, ses problèmes d’argent, les problèmes de son frère avec la police des mœurs, les problèmes de limite du jardin avec son voisin goy. Mais la réussite de ses plans est à l’image de l’affabilité mièvre de son avocat : l’efficacité n’aboutit jamais mais les honoraires ne tardent pas à arriver et à compléter la série des malheurs.

Que reste-t-il, et c’est bien ce qui structure le film, trois rabbins… la communauté juive a bien sûr ses « sages », ses repères religieux qui devraient la guider. Les frères Coen en font des séquences burlesques, avec des personnages tournés en ridicule ; pourquoi faire une critique si sévère ? Pourquoi ne pas nous accorder de beaux lieux de réflexion juive ? Pourquoi se montrer si dur ?

L’histoire du parking que le Rabbin Scott contemple par sa fenêtre pour apprendre la relativité à Larry est l’aveu que le rabbin lui-même n’entend plus Hachem. L’histoire des dents du Goy (que le rabbin Nachtner raconte à tous ceux qui viennent le voir) veut montrer que Hachem ne nous donne aucune réponse et qu’Il ne nous doit aucune réponse. Marchak qui ne veut même pas le recevoir. Il est certain que la thèse des frères Coen n’est pas en faveur de cette élite religieuse, et principalement en ce qui concerne les deux premiers rabbins. Oui en effet, il ne faut pas s’attendre à un film sur la réussite et la grandeur de la judéïté. Ce n’est pas là non plus que Larry trouvera des réponses à sa souffrance.

Une chose est certaine : l’expérience de Larry ne nous apporte pas de réponse à cette question, pourquoi souffre-t-on ? Le film le laisse plutôt s’embarquer dans l’erreur fondamentale de l’humanité en matière de souffrance : la souffrance est la condamnation de ma faute. Ainsi malgré sa certitude d’avoir tout fait pour être un homme sérieux, il cherche à savoir ce qu’il n’a pas fait correctement, pourquoi il pourrait être puni pour sa faute. Les frères le cernent, le titillent, le maltraitent avec cette question. Et c’est une question qu’ils posent à cette communauté qui devrait pourtant avoir la réponse. La souffrance, ta souffrance Larry, est-ce la rétribution d’une faute ? « qu’ai-je fait » ne cesse-t-il de demander. Est-ce de ma faute ce divorce ? Ou encore ce montage parallèle des deux accidents de voiture de Larry et de Sy Abbleman situé au milieu du film, qui est fait précisément par les frères Coen pour le rendre coupable de la mort de Sy, autant à nos yeux par la manipulation de l’image que à ses yeux à lui par la coïncidence temporelle. Ils vont jusqu’à l’extrême, l’humilier devant son collègue à l’université quand il se demande en pleurant si ce n’est pas le film suédois même pas vraiment pornographique qu’il a vu qui le rend coupable. Larry craque, il est au bout du rouleau, il ne se révolte pas, et jusqu’au bout les frères le condamnent de ne trouver aucune réponse cohérente à sa souffrance. C’est très clair à la fin du film : enfermé dans son bureau, dans cette petite pièce close, n’ayant pas plus compris qu’au début du film ce qui lui arrive et alors que tout semblait s’arranger depuis la Bar Mitzva de son fils, sans qu’il n’ait rien fait pour, le téléphone qui sonne quand il corrige en tremblant la note de son élève, lui annonce qu’il est sûrement gravement malade. Larry repart pour une même vie en tornade car il n’a trouvé aucune réponse … et le film le laisse tomber comme au pire moment, car tout a été dit : son monde, sa famille, sa communauté, sa pratique de la judéïté ne pourront lui apporter la possibilité de vivre sa souffrance humainement. C’est bien là la critique des frères Coen, car c’est bien ce qu’ils ont profondément ressenti en ayant grandi là : ils ont eu besoin d’aller chercher ailleurs une réponse à la souffrance humaine qui est le fait de toute vie.

C’est presque fou, quand on leur demande les frères Coen corrigent mais reconnaissent : «  nous n’avions pas pensé à Job mais c’est vrai que le parallèle est possible ». Cette réponse n’est-elle pas ce qu’il y a de plus symptomatique ? Ce film est le film le plus autobiographique qu’ils aient réalisé, ils ont grandi dans cette ambiance juive du Midwest, et quand un homme, un juif, souffre là-bas, semble-t-il, on ne lui parle pas de Job qui a souffert avant lui et qui a questionné l’humanité dans ses limites. Par l’absence de Job, par le silence de Job, Ethan et Joël Coen témoignent au-delà de leurs intentions : enfants juifs dans le Midwest, réalisateurs américains adultes, quand ils décident de parler, et de la judéïté, et de la souffrance, ils ne pensent pas à Job … c’est bien que quelque chose clochait, et c’est bien là ce qu’ils ont voulu montrer.

L’autre question fondamentale que les deux cinéastes posent à cette communauté c’est la possibilité d’une transmission – question incarnée par le deuxième personnage principal qui débute et termine le film, le fils de Larry, Danny. Transmission d’une tradition, transmission d’un savoir, transmission d’une langue, transmission d’une connaissance de Dieu. Comment cet homme, ce père, qui est dans le plus grand désarroi, dans la plus grande impuissance et qui subit sa souffrance comme extérieure à sa propre vie, peut-il transmettre ? Et qu’est-ce qu’une communauté, une tradition sans transmission, surtout chez un peuple, le peuple juif qui pense à travers la succession de ses générations : entre Marchak le sage, Larry le paumé et Danny le jeune américanisé, que s’est-il alors passé ?

Nous avons ainsi à faire à un jeune garçon qui porte sur lui l’incarnation même de l’avenir du peuple hébreu, il est jeune et roux comme le roi David au jour de son élection par Dieu, il est tout proche de sa bar mizvah, il est le fils unique du père.  Mais il est clairement dans la désobéissance : il écoute du rock’n’roll en cours au lieu de travailler, il fume de l’herbe, il vole de l’argent, il commande des CDs sans permission, et il fait preuve d’une très grande désinvolture avec la religion et son apprentissage de la Torah pour sa bar Mizvah. Il est certain, et le film insiste particulièrement sur ses oreilles, qu’il n’écoute pas la parole du savoir et qu’il entre plutôt, que ce soit dans les musiques qu’il écoute, dans les séries qu’il regarde à la télé, en rupture avec la culture de ses parents.

Je pense très personnellement que ce film est avant tout un film sur lui avant d’être un film sur son père…la souffrance de Larry n’est peut-être que l’illustration ou la démonstration du propos principal, de la thèse des frères Coen qui elle seule, à la différence de celle sur la souffrance, va aboutir. Parce que les deux réalisateurs retracent leur enfance dans ce petit garçon et que c’est leur propre possibilité d’avenir qu’ils questionnent dans le chemin que Danny va prendre. Où peut-il aller, comment peut-il se construire, entre ce qu’il reçoit et ce qu’il écoute, entre un modèle juif qui se déconstruit et un modèle américain en pleine jeunesse ? Voilà la véritable question qu’ils posent à leur vie : comment en sommes nous arrivés là, vu l’endroit d’où l’on vient, ce lieu où le chaos ne trouve aucun apaisement, aucune réponse.

Je ne suis pas sûre qu’ils aient sur la transmission un avis toujours très positif : la représentation de la transmission reste tout de même le père goy antisémite qui emmène son fils tuer le cerf au lieu d’aller à l’école, ou encore le père asiatique qui défend coûte que coûte son fils jusque dans la malhonnêteté et la mauvaise foi. Qu’est-ce que transmettre alors, qu’est-ce que permettre à un enfant de devenir un homme qui s’assume, est-ce en faire un petit clone ?

Le lieu de la transmission, c’est bien quand Marchak reçoit Danny, cette longue scène splendide, dans un bureau immense plein de savoir. Ce vieux rabbin qui représente le sage par excellence n’accepte plus de recevoir que les jeunes hommes qui font leur Bar Mizvah : ils montrent bien ainsi que c’est là que tout se joue, que c’est l’instant crucial d’une vie. Car la Bar Mizvah est le moment du passage de l’enfant à l’âge adulte, où il prend lui-même la responsabilité de sa vie. Et alors que Danny va vivre la sienne drogué, montrant qu’il a appris la parole biblique comme ses chansons rock’n roll, par cœur et sans rien y comprendre, le renversement de cette destinée appelée à l’échec, peut-être comme son père, va s’opérer grâce à Marchak. Car ce rabbin-là ne subit pas le même sort que les autres et représente la clé des frères Coen : ce que le père ne pouvait recevoir, c’est le fils qui le reçoit (lui seul peut rencontrer Marchak quand Larry s’est vu refuser l’entrée), et il résout le problème que le film pose au début. Cette petite radio portative qui débitait la chanson  Somebody to love du groupe Jefferson Airplane et qui remplissait la tête de Danny reste une énigme pour lui comme l’apprentissage de la Torah, sauf que le rock’n’roll le fascine là où l’apprentissage de l’hébreu l’ennuie. L’intelligence de Marchak c’est qu’il a saisi le moyen de faire grandir Danny, le moyen de lui faire comprendre ce qu’est devenir un homme. Devenir un homme c’est ouvrir ses oreilles et être capable d’écouter ce que tu entends, d’y attacher ton intelligence et de le recevoir comme il se doit. Comme le fait un très vieux rabbin avec un groupe rock… il accepte d’écouter et de comprendre sans condamner car il considère que ça peut être un lieu d’apprentissage de l’écoute pour Danny. « Quand la vérité se trouve être un mirage / Et tous tes espoirs un noir nuage… » voilà les paroles de la chanson Somebody to love, peut-être précisément la parole que Larry aurait voulu recevoir, car sa vérité, c’est-à-dire qu’il faille être un homme sérieux, s’avère en effet être un mirage face à sa souffrance. Le fils reçoit donc ce dont le père avait besoin, et nous montre ainsi combien cette génération fut une génération de condamnés entre la tradition juive forte et intelligente dont Marchak porte encore la marque et cette jeune génération américanisée qui va être capable de création dont Danny, mais bien sûr surtout les frères Coen, font partie. Le film est plein d’espoir pour eux d’ailleurs. Le film se termine l’écouteur à l’oreille comme au début du film, mais là, la tempête gronde à l’extérieur. Dieu parle dans la tempête pour Job, et Danny ainsi tombe médusé devant ce spectacle de toute-puissance, de dévastation qui est surnaturelle dans un film où tout était proprement maîtrisé. Ce lieu qui détonne dans le film des frères Coen c’est le lieu de la révélation, de la vérité : du silence peu à peu arrive la musique que Danny semble enfin écouter et comprendre, alors que le drapeau américain trône et flotte en haut de la scène. Les frères Coen concluent en terme d’art par l’image que porte en lui un jeune groupe de rock américain, Jefferson Airplane, car c’est cette chanson que Danny écoute enfin clairement dans la tempête : c’est-à-dire que la réponse à la vie et à la souffrance particulièrement, c’est la création artistique (mise en abîme de leur propre œuvre cinématographique). Cependant nous pouvons aussi conclure sur Dieu sans pour autant contredire le film : non pas que Somebody to love soit parole d’Evangile, mais que dans la relation à Dieu savoir écouter ce que l’on reçoit est le premier pas vers la liberté et la maturité.

Somme toute, les frères Coen sont très juifs dans les questions fondamentales qu’ils posent au monde et à la civilisation américaine, questions fondamentales de la souffrance et de la transmission. Les frères Coen sont très personnels cependant dans leur manière de faire, plutôt grinçante et cynique, car ils ne veulent surtout pas laisser leurs spectateurs indifférents.

Ainsi comme Dieu chez Job, les frères Coen ont décidé de vous parler dans la tempête. »